Index des articles > Nos entreprises > Oh la la: Société de Service

SOCIETE OHLALA : SOCIéTE D'EXPORT AUX USA | ICONOCLASTE.INFO | vendredi 25 mai 2007

Oh la la: Société de Service

 

La parole est donnée aux entrepreneurs...


Chaque article concerne un entrepreneur en particulier ayant accepté de se prêter au jeu de l'interview. Selon divers secteurs d'activité, ils abordent les sujets qui les préoccupent.

Afin de mieux comprendre les difficultés quotidiennes de l'entrepreneur, chacun d'eux nous livrera son point de vue sur l'actualité, la politique ou l'économie.

Chacune des interviews comportera trois grandes parties, à savoir:

-L'entreprise : Le secteur d'activité, le type de clientèle, le projet, l'avenir de l'entreprise ainsi que ses objectifs futurs

-Le métier : L'entrepreneur en lui-même, son parcours, ses difficultés, l' évolution des services

-Le regard de l'entrepreneur sur l'actualité : des questions spécifiques à l'actualité politique et leurs repercussions sur le monde de l'entreprise.
Nous espérons recueillir ainsi les coups de gueule, déceptions ou victoires qui font bien souvent l'humeur des entrepreneurs.

 

 

 

Entreprise d'export aux USA

Phillipe Cardineau, exportateur dans la mode, a repris et développé une société exportant des marques de vêtements enfants en Amérique du nord :"Oh la la".

Ces marques luxueuses sont ainsi exportées dans plusieurs états américains et destinées à une clientèle plutot aisée. Dans son interview, il revient sur son parcours, ses expériences, et propose des conseils en matière de recherche d'emploi ou d'entreprenariat.

Ses diverses expériences à l'étranger lui permettent de prendre de la distance par rapport à la société française...



1 Philippe Cardineau bonjour, vous êtes responsable de la société Ohlala,
Pourriez-vous nous présenter un peu plus précisement votre entreprise?



Je travaille dans une société de services qui fait de l'exportation de vêtements pour enfants, en tant que service export d'entreprise européenne, nous gérons les opérations vers les Etats-Unis. Nous sommes leur service export externalisé, notre métier a pour but de commercialiser aux Etats-Unis des marques de prêt-à-porter européen.


2 Quel âge a cette société?

J' ai racheté la société en 2000, elle avait déjà quelques années d'existence. Cela fait 10 ans.


3 S'agit-il d'une création ou d'une reprise?


Oui, j'ai repris cette activité à deux personnes qui étaient d'origine lyonnaise. L'activité était basée à Lyon et je l'ai transférée à Grenoble.


4 Comment vous êtes-vous fait connaître?


Il y avait déjà une clientèle, elle m'a été présentée par les deux personnes à qui j'ai racheté la société, elles m'ont introduit cette recette clientèle, et je l'ai reprise par des opérations de prospection, des recherches de clients.


5 Quelle est cette clientèle?


Ce sont essentiellement des boutiques de luxe américaines situées dans les grandes villes, la côte Est des Etats-Unis, la Californie, la Floride. Elles vendent du prêt-à-porter à des catégories sociales américaines supérieures à très supérieures, les marques sont achetées par des personnes comme Madonna ou des gens du show biz. Nos principales boutiques sont situées dans les villes à la mode: Palm Beach en Floride, Malibu Beach en Californie ou bien sûr la 5 ème avenue de New York.


6 Qu'est-ce qui vous a intéressé/motivé dans ce projet?

J'étais salarié depuis une vingtaine d'années, j'ai gravi tous les échelons de responsable export jusqu'à directeur général mais j'ai été licencié lorsque je travaillais pour un grand groupe américain. Et si je voulais rebondir dans un autre groupe, il fallait que je quitte la région dans laquelle je m'étais établi depuis quelques années. J'en avais marre. J'ai donc pris l'option de reprendre une activité et d'être mon propre patron.



7 Avez-vous des objectifs de développement pour votre entreprise? Comment voyez-vous l'avenir de votre entreprise?

Il faut savoir que toute entreprise n'a pas forcément un objectif de développement et je n 'en ai pas forcément. Mon objectif est de bien vivre de mon activité, puis dans quelques années, j'aimerais la revendre à quelqu'un qui en fera ce qu'il voudra. Je n'ai donc pas de grands objectifs de développement pour cette société.


8 Quel est votre rôle au sein de la société et en quoi consiste réellement votre métier?


Je travaille avec deux salariés mais lorsque je suis aux Etats-Unis, j'utilise des free lance,( des francos américaines.)
Notre métier c'est avant tout la vente, elle nécessite une prise de rendez-vous, une organisation de show room (aux Etats Unis), la participation de professionnels. Ensuite, il faut participer à la mise en oeuvre de ce que l'on a vendu, le suivi des expéditions, les règlements, le traitement des clients et de leurs problèmes. Tout cela, prend beaucoup de temps, c'est ce que fait une entreprise dans un service export.


9 Qu'est-ce qui vous passionne le plus dans ce métier?


Le plus intéressant, c' est d'aller aux Etats-Unis rendre visite à mes clients. Je vais de ville en ville, d' état en état. Je ne les fais pas tous en une fois mais chaque année, je choisis une région. En la visitant, je remarque la façon dont se structurent les villes, la situation de mes clients, et leurs façons de travailler. J'analyse aussi ce que peut faire la concurrence. C'est ce qu'il y a de plus plaisant dans ce métier.


10 Quelle a été l'évolution des services que vous proposez, et pourquoi vos clients choisissent "oh la la" plutôt qu'une autre marque?


Pour réussir à vendre dans la mode, il faut à la fois proposer des produits qui rencontrent le style, le goût américain et l'idée que les américains se font de la mode européenne. Techniquement, il faut bien sûr livrer à l'heure et proposer des prix relativement convenables. Je crois que ce qui différencie Ohlala des autres marques c'est qu'on offre un bon service, on a un bon suivi et on est très sérieux. D'autre part, on dispose d'un petit échantillon de marques qui plaisent bien et qui sont le reflet de ce que les américains attendent de la mode européenne.


11 Pouvez-nous parler de votre parcours?


J'ai commencé comme responsable de zone export dans un ex comptoir colonial, dans une petite société de commerce à Marseille, puis j'ai travaillé au Venézuela, aux Antilles...

Ensuite, je suis revenu en France, j'ai travaillé 6 ans dans le bagage et la maroquinerie, dans la mode (dans une société grenobloise de vêtements d'enfants) et la décoration ( Bordeaux). Mon parcours est un parcours classique de cadre qui grimpe les échelons. J'ai été responsable de zone export, directeur export, directeur commercial français export, et directeur commercial et marketing. Et, un jour on arrive à décrocher un poste de direction générale. On a 45 ans et on ne peut guère monter plus haut.


12 Quel a été le travail dont vous avez pu être le plus fier ou le plus déçu?


Oh la la... Ca c'est difficile, de quoi je suis le plus fier?
Une entreprise en redressement judiciaire m'a embauché dans les années 90.
Il m'a été confié une mission dans laquelle on m'a dit « écoute on a pas d'argent, on n'a pas de budget, on est commercialement trop couteux, on a une offre qui est n'importe comment, il y a tout à refaire".
Spécialisé dans le luminaire décoratif, je me suis beaucoup amusé à restructurer cette entreprise. J'ai multiplié les missions : organisation des gammes de produits, reprise en main des forces commerciales et même une mission de management d'équipe de création.
Ce travail a été tres plaisant, d'autant plus que nous sommes parvenus à redresser l'entreprise.


13 Un regret, un remord?

Celui de ne pas avoir compris que je n'étais pas forcément bien entouré. Lorsque j'occupais un poste de direction générale, il y a eu une restructuration et je n'étais pas dans les meilleurs. On m'a lourdé, je l'ai beaucoup regretté parce que je m'y plaisais beaucoup. Mais je dois dire que dans ces postes, il faut avoir l'habitude des grands groupes et du relationnel. J'ai fait une erreur à ce moment là car c'est quelque chose que je maîtrisais mal. D'un autre coté, si je n'avais pas fait cette erreur, je n'aurais pas repris Ohlala. De plus, je ne serais pas devenu mon propre patron et je n'aurais pas gagné aussi bien ma vie. Donc à toute chose, malheur est bon .


14 En recherchant des informations sur vous, j'ai pu voir que vous avez participé au jury de la maison de l'entreprenariat, projet de Grenoble université, quelle place accordez-vous à l'accompagnement de projet?



Depuis plus de 7ans, je m' investis personnellement dans une association amicale: le CCREA. Celle-ci encourage la création et la reprise d'entreprise. J'essaie de montrer à tous ceux qui veulent créer ou reprendre qu'au-delà du projet, au-delà de l'idée, il faut aussi avoir une certaine mentalité.Cette dimension compte énormément, il faut avoir la foi en soi en tant que futur numéro 1, si on a ça, on peut réussir, si on ne l'a pas on ne peut pas réussir... C'est vrai, ça prend pas mal de temps et de place dans mon activité.


15 Quels conseils pourriez-vous donner aux futurs entrepreneurs? Y a-t-il selon vous une façon méthodologique pour entreprendre?( analyse de marché, recherche de concurrents)

Le conseil que je donnerais c'est : Portez beaucoup plus d'importance à vos prévisions en chiffre d'affaires qu'à vos prévisions en coût. C'est relativement facile de maîtriser ses coûts lorsque l'on est un petit peu gestionnaire, mais ce qui est très difficile c'est d'arriver à prévoir un chiffre d'affaires avec précision (nombre de clients, vente moyenne par client, périodicité des ventes, gamme vendue, marge rendue, effort de prospection le temps qu'il prend etc etc...) On se crédibilise vraiment lorsque l'on prend en main complètement son chiffre d'affaires. Il ne faut pas se dire "voilà je vais faire tant, il faut vraiment y aller à fond et au détail. C'est rassurant et ça crédibilise beaucoup une création par exemple."

l
16 Quel regard portez-vous sur l'actualité, l'économie?

Nous sommes tous en attente de voir ce que va faire le prochain gouvernement, j'ai beaucoup d'espoir comme les autres. J'ai le privilège d'avoir énormément voyagé dans ma vie et de continuer à énormément voyager. J'ai vu ce que représentait la France il y a 20 ans lors de mes déplacements et je vois ce qu'elle représente aujourd'hui. Je suis triste pour mon pays de voir à quel point nous avons dégringolé et cela sans nous en apercevoir, les français restent très contents de ce qu'ils ont. J'espère qu'on va de nouveau retrouver un esprit de conquête, un esprit de défis, la volonté d'avancer et non plus la volonté de vivre tranquillement avec le plus de loisirs possibles.


17 Dans iconnoclaste, vous semblez vous révolter contre les politiques: vous dites ""Décidemment, messieurs les politiques, il va vous falloir venir faire des stages d’immersion en entreprises afin de comprendre qu’il y a des limites à la traite des vaches que nous sommes." Pourriez-vous vous expliquer?

Et bien je reprendrai une citation de Winston Churchill, qui disait que certains prennent l'entrepreneur pour un loup qu'il faut abattre, d'autres pour une vache qu'il faut traire et peu voit que l'entrepreneur n'est ni un loup ni une vache mais qu'il est le cheval qui tire le char.


18 Pensez-vous que la politique de Nicolas Sarkozy puisse changer la donne?

Ah... ça me fait penser à ce qu'on appelle un programme qualité. Dans la qualité on dit toujours "il faut dire ce qu'on va faire et faire ce qu'on va dire". J'espère qu' il va faire ce qu'il a dit et comme il l'a dit. Je suis optimiste parce qu'il y a une véritable volonté de changement de sa part et de la part d'autres secteurs de la société et d'autres hommes politiques. Je pense que la volonté de changement est là. Ma crainte c'est la lacheté dont font parfois preuve les politiques.


19 Dans un autre article, vous portez un regard assez critique sur la mise en oeuvre de services d'aide à la recherche d'emploi.. vous dites "Reconnaîtront-ils un jour que mettre autour d’une table élus, fonctionnaires, préfets, syndicats, ANPE et autres organismes, cela ne crée pas un seul emploi" ? Selon vous, quelle est la meilleure stratégie pour trouver un emploi, quelles pourraient être les mesures à envisager?



Ce que j'avais écrit concernait essentiellement nos technocrates. Lorsqu' il y a un problème de création d'emploi, ils ne réunissent pas les personnes concernées mais bien d'autres technocrates...
Mais pour en revenir à votre question, pour trouver un emploi il faut se questionner. La personne en recherche d'emploi doit se demander ce qu'on peut attendre d'elle, tant au niveau des compétences que de l'engagement . C'est le premier conseil que je donnerais.
Pour le deuxième... vous êtes candidat à un poste? Intéressez-vous! Intéressez vous à l'entreprise, au poste, au secteur et aux enjeux avant de venir à l'entretien. Après, il est certain que pour décrocher un emploi, il faut déjà avoir un entretien, cette mission est plus délicate. En général, il faut un bon CV.


20 Nous arrivons quasiment à la fin de l'interview alors pour finir sur une note optimiste , vous avez dit "encore une vingtaine d’années et nos idées d’aujourd’hui seront la réalité quotidienne… tout comme nos idées des années 80 sont la réalité d’aujourd’hui !" vous évoquiez l'économie de marché... Que voyez-vous comme changements futurs?


Le grand changement concerne le développement durable,nos hommes politiques ont avancé à reculons jusqu'à maintenant mais il va falloir qu'ils s'y mettent. On parle peu côté enjeux de développement durable et enjeux démographique, ils sont pourtant terribles. L' Europe va connaître ce qu'on appelle une implosion démographique, il y aura un véritable appel d'air et beaucoup de gens qui viendront d'ailleurs dans les 30 à 40 ans à venir. Je pense que personne ne prend cette question véritablement au sérieux. A mon avis, même Sarkozy et sa politique d'immigration choisie n'est pas à la hauteur des enjeux. Voilà les choses qui ne sont pas suffisamment prises en compte par les politiques aujourd'hui. Il s'agit davantage de la question de la démographie que de la question de l'immigration. Quoi d'autre? je crois que c'est tout...


21 Qu'est ce que vous aimeriez voir sur prix-immo? Y a t-il des thèmes que vous aimeriez voir traités?

J' attends une liberté de ton des gens qui écrivent sur Internet, j' attends de ne pas retrouver les idées toutes faites qu'on nous rabâche à la télévision. J'attends un petit peu de non conventionnel, ce n'est pas facile, mais c'est ce que j'attends.



Réalisation de site internet CREAWE : Jeux gratuits en flash | Actualités Montagne | Alps News | Journal d'entrepreneurs | Blogs Gratuits | Tuning | Référencement Internet | Rendez Vous Mobile | Créez un wiki gratuit | Cabouge-lemag